Grâce à ses dons de télépathe, la « fatwa » qu’il a lancée sur Maginot va terrasser ce dernier. Mais, si les morts se succèdent dans le voisinage, Luc Mouginot est, lui, toujours bien vivant.
Jeanri en est désespéré. Il n’est pas un criminel et n’a jamais souhaité la mort d’innocents. Il lui faut « réparer » la fatwa déréglée et reprendre ses dons en main, mais...
PS. - Ce texte a été écrit en juin-juillet 2005 avant que les candidatures à la présidentielle ne soient connues. L'actualié ayant fini par rattraper la fiction, certaines modifications ont dû être apportées dans les derniers chapitres. Cela étant précisé pour vous mettre l'eau à la bouche et vous faire patienter...
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Jean-Henri Loubert, dit Jeanri, était satisfait de lui. Comme toujours, eût-il pu remarquer s’il avait été conscient de ce trait de caractère. Mais, là, il était particulièrement satisfait de lui, et non sans raison.
Il ne lui restait plus qu’à attendre. C’était une question de jours. Une quinzaine tout au plus, avait-il estimé.
Il s’étira dans son lit et regarda sa montre.
Il était six heures vingt.
Dans dix minutes exactement, car celui-ci était un maniaque de la ponctualité, Luc Mouginot sortirait de chez lui et se rendrait à pied à son café-restaurant de la Dune, qu’il ouvrirait à sept heures pétantes.
Jean-Henri se leva à poil et ouvrit les volets de sa chambre.
Posté derrière les rideaux, il ne pouvait s’empêcher de consulter sa montre toutes les dix secondes.
Six heures trente. Il vit sortir Luc Mouginot de chez lui.
Jean-Henri eut un sourire de satisfaction.
– Va, mon gars, dit-il à haute voix, t’en as plus pour longtemps.
Il consulta à nouveau, machinalement, sa montre. Il avait largement le temps de préparer son café.
Vingt minutes plus tard, il revint se poster derrière les rideaux de sa chambre.
Maryse Mouginot allait bientôt ouvrir les volets de la villa.
Il fut tenté d’écarter légèrement le rideau pour mieux l’apercevoir quand le premier volet – celui de la chambre du couple Mouginot – fut rabattu.
Maryse Mouginot ouvrait toujours sa maison en chemise de nuit. Une nuisette vaporeuse qui laissait entrevoir le haut de sa poitrine opulente et découvrait totalement ses cuisses. Mais, là, pour en jouir pleinement, il fallait que Jean-Henri attende qu’elle apparaisse sur le perron et rabatte les volets à trois battants de la porte-fenêtre.
Il était tout excité quand elle apparut enfin. Maudissant ce foutu voilage qui lui gâchait le spectacle.
« Toi, tu vas être veuve, ma cocotte », se dit-il en portant à deux mains le bol de café à ses lèvres.
Jean-Henri avait toujours eu envie de sauter Maryse Mouginot. Mais c’était une aguicheuse, pas une volage.
Il se sentit encore plus excité en se prenant à rêver que, peut-être – et même sûrement, pourquoi pas ? –, il aurait ses chances quand elle se retrouverait veuve.
Il pensa que ce serait la cerise sur le gâteau. Le parachèvement absolu de sa vengeance. Baiser la femme de son pire ennemi après l’avoir fait mourir.
Jean-Henri n’en pouvait plus. Prenant son bol vide dans la main droite, il entreprit de se masturber sur-le-champ, debout derrière les rideaux, en fermant les yeux sur l’image de Maryse à poil. De l’autre main, car il était gaucher.
© Alain Pecunia, 2007.
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